Aimer et être amoureux ont des rapports difficiles : car, s'il est vrai qu'être amoureux ne ressemble à rien d'autre (une goutte d'être-amoureux diluée dans une vague relation amicale la colore vivement, la fait incomparable : je sais tout de suite que dans mon rapport à X..., Y..., si prudemment que je me retienne, il y a de l'être-amoureux), il est vrai aussi que, dans l'être-amoureux, il y a de l'aimer : je veux saisir, farouchement, mais aussi je sais donner, activement.
Mais l'amour ne reste qu'un déguisement, un trompe l'oeuil pour forcer l'etre humain a procréer, une jolie facon de se reproduire qui donne plus ou moins du sens a la vie. Vouloir aimer, tomber amoureux ne reste a mon avis que l'envie de niquer toujours la même personne. Ouais.
S'y résoudre, il le faut bien pourtant, j'ai beau chercher toutes les possibilitées qui peuvent "forcer" à tomber amoureux, aucunes ne semble réelle ou palpable.
"TOMBER amoureux", terme très explissite a mon sens, tomber, se casser la gueule, se péter les deux jambes et ne plus jamais s'en relever ou alors se retrouver paraplégique dans une chaise-roulante ...
L'amour n'est pas fait pour tout le monde, en tout cas pas pour les gens volages et relativement péssimistes (comme moi?).
Car ceux qui sont amoureux croient avoir un plaisir désintéressé à voir les gens qui connaissent l'amour, à parler de l'amour. Mais c'est dans l'espoir d'y retrouver leur amour à eux. Dès que ce qu'on dit de l'amour ne peut leur convenir, ils ne s'y plaisent plus. Et un amoureux sera moins heureux de causer de l'amour avec Stendhal que de sa maîtresse avec son porteur d'eau.
Merde.
Photo : Les zozo du nord, Sabrina & Lucy en Sardaigne.